U MAD ?

U MAD ?

(Source: mrmoderngentleman, via troublesvirtuels)

Coucou Bieber.
C’est l’heure du goûter.

C’est l’heure du goûter.

Les chats sauveront le monde de tout. (Pris avec instagram)

Les chats sauveront le monde de tout. (Pris avec instagram)

Médusée.

Médusée.

(Source: serialstranger, via petit-poney)

U MAD, DARWIN ?

U MAD, DARWIN ?

(Source: dayzeeez, via bipedo)

Chépatro mais j’ai envie d’une bonne crise d’épilepsie.

Chépatro mais j’ai envie d’une bonne crise d’épilepsie.

(via bipedo)

Triangles.

(Source: google.com, via pelandobananas)

On m’a appris à tricoter.

On m’a appris à tricoter.

Un café tricot vient d’ouvrir juste en bas de chez moi. La curiosité m’a amenée auprès de Martine, la propriétaire des lieux, qui m’avait assurée qu’il n’y avait rien de plus simple au monde.

C’est ainsi que je me retrouve avec des aiguilles 4 et deux pelottes de laine de ma couleur préférée pour me lancer sur une écharpe. Martine, jolie blonde cinquantenaire semble dans son élément au milieu des réalisations qu’elle expose fièrement dans son café-boutique. Elle m’apprend à réaliser le point mousse qui, selon les tricoteuses du café, est le point à enseigner en premier.

La patronne et moi réalisons la première ligne de mailles ensemble. J’assimile vite, parait-il. Aussi, sans voir le temps passer, je continue toute seule à confectionner cette écharpe. Martine jète un coup d’oeil de temps à autre à mes mailles, lorsqu’elle me corrige parce que j’en rate une, elle me rassure. C’est normal, c’est en faisant des erreurs qu’on apprend à les corriger, et même à les éviter.

D’autres curieuses rentrent dans le café. Je n’ai jamais appris à tricoter, c’est facile à faire ? Oui madame, vous voyez la jeune femme là-bas, elle a commencé il y a à peine une heure.

Les autres dames me demandent amusées si vraiment je n’ai jamais tenu d’aiguilles de ma vie. Non mesdames, c’est bien la première fois.

À chaque nouvelle ligne, je m’émerveille devant ce futur doudou de mon cou qui prend forme. Comme Pierrette, la crémière de la fable, je me vois déjà offrir un ensemble au petit garçon que ma cousine attend, un pull à ma maman, un bonnet à ma soeur. Et pourquoi pas des gants ? Hein ? Soyons fous. Sauf que pour une fois, on me croit capable de mes folies. Même qu’on m’encourage.

19h sonne, l’heure de la fermeture du café. Martine me donne ses derniers conseils, si je réalise la moindre erreur, je peux venir la voir quand je veux.

À peine installée sur mon lit, je m’y remets. Une, deux, quatre lignes puis la pelotte se consumme sous les cliquetis de mes aiguilles. Plus que la moitié à finir, Martine sera ébahie devant mon travail.

Mais en regardant ma future écharpe de plus près, je remarque qu’à certains endroits, j’ai sauté/rajouté une maille. Je défais donc le nécessaire pour le recommencer proprement.

Or, dans ma tentative, non seulement le travail s’est empiré mais je note encore d’autres points à rectifier plus haut. Alors je tire sur le fil de laine et les points se défont tous seuls.

L’insatisfaction l’a emporté. Par endroits, les mailles sont plus ou moins serrés. Dans l’énervement, le foetus de cache-nez sort accidentellement des aiguilles. Incapable de remettre ces dernières dans le putain de noeud, j’ai fini par tout tirer pour qu’il ne reste plus que des fils.

Je suis résolue à tout recommencer et à m’appliquer quitte à y passer la nuit. Mais je ne parviens pas à me rappeler le geste de Martine pour le premier noeud.

Des larmes perlent sur mes joues. J’étais à la moitié de ma réalisation, je savais très bien que j’aurais pu courir chez Martine pour les petits défauts que de toute façon, elle trouverait normal. J’ai essayé de rebobiner en vain alors j’ai rebobiné encore plus loin et ce fut pire.

Martine, je te jure que j’ai essayé de corriger mes erreurs, que j’y ai mis tout mon coeur. Ça n’a pas suffit. Pourtant, j’avais tout ce qu’il faut. Alors comme une merde, je continue à pleurer devant ces fils défaits de mon existence.

Il fut un temps où je savais tricoter.